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Nécrose pulpaire pendant un traitement orthodontique : quand l’anatomie et les forces mécaniques fragilisent la pulpe

Jul 13
3 min read

Updated: Jul 20


Ce cas réel présente une patiente née en 2012, adressée pour bilan endodontique dans le cadre d’un suivi orthodontique débuté en avril 2025. Dès le début du traitement, celle-ci signalait une légère sensibilité dans le secteur du quatrième quadrant, sans symptomatologie franche à ce stade.


Au fil des mois, la gêne s’est progressivement intensifiée, évoluant vers une douleur spontanée, puis vers l’apparition d’une fistule vestibulaire au niveau de l’apex de la 45. À ce stade, le tableau clinique est sans ambiguïté : la patiente présente une nécrose pulpaire avec parodontite apicale chronique.


Bilan diagnostique et complexité anatomique (Vertucci III)

En janvier 2026, les tests de vitalité réalisés sur la 45 se sont révélés négatifs, confirmant la nécrose pulpaire. L’examen radiographique a permis de mettre en évidence deux éléments déterminants :


  • une anatomie radiculaire complexe, de type configuration en zêta, avec une bifurcation ou anastomose canalaire dans le tiers moyen, correspondant à une morphologie de type Vertucci III ou assimilée ;

  • une lésion périapicale bien établie au niveau de l’apex, en lien direct avec la fistule vestibulaire observée cliniquement.

    Radiographie initiale (décembre 2025) de la dent 45 avant traitement d'endodontie.
    Bilan diagnostique (janvier 2026) montrant la lésion périapicale sur la dent 45 et l'anatomie Vertucci III.

Traitement endodontique et contrôle de suivi à 5 mois


Réalisé en deux séances, le traitement des canaux radiculaires a été effectué avec une attention particulière portée à la gestion de l’anatomie complexe : irrigation abondante, mise en forme adaptée aux courbures, et obturation tridimensionnelle soignée. Le traitement a été finalisé le 26 janvier 2026.


Alt Text: Contrôle post-opératoire immédiat (fin janvier 2026) après obturation tridimensionnelle de la dent 45.









La radiographie réalisée le 1er juin 2026 montre une image très encourageante. En effet, l’obturation radiculaire est homogène, le matériau atteint le tiers apical de façon satisfaisante, et la densité osseuse périapicale est en nette récupération. La fistule a disparu cliniquement et, à cinq mois de la conclusion du traitement, l’évolution est pleinement favorable.

Suivi radiographique à 5 mois (juin 2026) montrant une nette récupération de la densité osseuse périapicale.










Discussion : pourquoi cette dent a-t-elle nécrosé ?


Ce cas illustre une réalité clinique encore sous-estimée : l’orthodontie peut être un facteur déclenchant ou accélérateur d’une nécrose pulpaire, en particulier lorsque d’autres facteurs de vulnérabilité sont présents.


L’anatomie radiculaire, premier facteur prédisposant

Une configuration canalaire en zêta génère des isthmes et des zones de communication entre canaux où la vascularisation pulpaire est naturellement plus précaire. Face à toute agression mécanique externe, cette pulpe dispose d’une capacité de résistance et de réparation moindre.


Les forces orthodontiques comme facteur déclenchant

Plusieurs mécanismes bien documentés dans la littérature peuvent expliquer la compromission pulpaire lors d’un traitement orthodontique :

  • La compression du paquet vasculo-nerveux apical : les forces appliquées sur le ligament parodontal sont susceptibles de réduire le flux sanguin pulpaire, en particulier lors de mouvements d’intrusion ou de torque.

  • La résorption radiculaire apicale externe : fréquente en orthodontie, elle peut rapprocher l’apex de la zone de contamination bactérienne.

  • La sensibilisation antérieure : la sensibilité déjà présente dès le début du traitement suggère une pulpe déjà fragilisée, potentiellement en état d’inflammation chronique silencieuse avant même la pose des brackets.


La convergence des facteurs cliniques

L’orthodontie seule ne « provoque » pas la nécrose. Cependant, sur une pulpe déjà vulnérable du fait de son anatomie ou d’un état inflammatoire préexistant, elle peut représenter la contrainte de trop, comme l’illustre précisement ce cas réel.


Recommandations pour le suivi orthodontique et conclusions

Ce cas rappelle l’importance d’un bilan de vitalité pulpaire systématique avant tout début de traitement orthodontique, particulièrement chez les patients présentant :

  • une sensibilité préexistante, même légère ;

  • une anatomie radiculaire atypique visible sur le bilan radiographique initial ;

  • un antécédent de traumatisme dentaire.


Un bilan de référence permet d’analyser de manière concrète toute évolution en cours de traitement et d’intervenir avant que la situation ne se complique.


La détection précoce, la prise en charge endodontique rigoureuse et un suivi radiographique à distance sont les trois piliers qui ont permis, dans ce cas, une cicatrisation complète en moins de six mois. Une illustration remarquable de ce que la coordination entre orthodontiste et endodontiste peut apporter au bénéfice des patients.


Références scientifiques


  1. Zhao D et al. BMC Oral Health. 2023;23:241. https://doi.org/10.1186/s12903-023-02982-4


  1. Alattas H et al. Cureus. 2023;15(6):e40573


  1. Duarte P et al. Br Dent J. 2024. https://doi.org/10.1038/s41415-024-7786-9


  1. Vertucci FJ. Oral Surg Oral Med Oral Pathol. 1984;58(5):589–599


  1. Endodontology. 2024;36(3):245–250. https://doi.org/10.4103/endo.endo_58_23


  1. Dre Arriaga — EndoGenève | endogeneve.ch


Note : Toutes les images et radiographies de ce cas appartiennent à EndoGenève et sont protégées par le droit d'auteur. Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation préalable.

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